Vénissieux(69), Leukodélinquance, Leulcoolisme™: Thierry Vignaud, Maire de Vénissieux, interpellé ivre dans un bar.

C’est debout à la barre du tribunal de Grande Instance de Lyon que Thierry Vignaud tente timidement de parler.

L’élu MRC de Vénissieux, à la main droite bandée et à la voix faiblarde, était jugé ce vendredi après-midi en comparution immédiate pour avoir, le mois dernier, saccagé un établissement de la place Ambroise Courtois dans le 8e arrondissement de Lyon et violenté son personnel ainsi que des agents de police.

 

Les faits remontent au 11 mai dernier. Après avoir bu une première bière en terrasse à l’Industrie, l’élu avait demandé à ce qu’on lui serve une autre boisson alcoolisée au comptoir. Ce que le personnel de l’établissement lui a refusé, l’invitant à boire plutôt en terrasse. Il a commencé à protester et les employés ont eu de la peine à le raccompagner à l’extérieur.

 

“Qui veut se battre ?”

 

Mécontent de voir sa requête rejetée, il avait alors dégainé sa carte d’élu de la Ville de Vénissieux, un comportement qu’il aurait déjà eu auparavant, puis quitta l’établissement pour se rendre à son domicile.

Thierry Vignaud, s’était ensuite représenté au café-comptoir, armé d’un porte-manteau rouge, d’un casque sur la tête et d’une ceinture. Après avoir jeté une table de l’établissement, il avait crié à l’encontre du personnel “Qui veut se battre ?”, puis aurait lancé cette fois sa ceinture sur le comptoir.

 

Une serveuse tenta alors de le maîtriser ainsi qu’un autre de ses collègues. Présentes à l’audience ce vendredi pour témoigner, les deux parties ont réclamé respectivement 4000 et 2000 euros de dommages et intérêts. L’employée a prétexté avoir été en arrêt de travail pendant une dizaine de jours causant un préjudice de 300 euros à son salaire. A leur prise en charge, le jour de l’incident, les deux victimes portaient des ecchymoses ce qui avait entraîné des jours d’ITT.

 

L’élu vénissian âgé de 55 ans était même prêt ce jour là, à donner 500 euros pour que l’établissement n’appelle pas la police d’après la lecture des faits de la juge. Manque de chance pour lui, les forces de l’ordre s’étaient quand même déplacées.

A l’arrivée des fonctionnaires, l’adjoint au maire avait été maintenu assis sur une chaise par le personnel. Placé ensuite à l’arrière du véhicule de police, Thierry Vignaud était resté plutôt calme jusqu’à ce qu’il prenne une nouvelle décision insensée : s’enfuir.

 

Les forces de l’ordre s’étaient mis à le poursuivre, mais l’élu ne s’est pas laissé faire. Après avoir fait chuter deux fonctionnaires qui tentaient de le maîtriser, il s’était débattu, blessant les fonctionnaire dont l’un qui termina avec un gros hématome à la cuisse droite.

Une dépression qui l’avait conduit à proposer sa démission à la maire

 

Après lecture du dossier, où l’on apprend que l’élu prenait des médicaments pour lutter contre des problèmes d’alcool et de dépression, et que ce jour d’incident il avait eu une dispute avec son fils, Thierry Vignaud a essayé d’expliquer son comportement. Ce jour là, il n’avait pas pris son cachet habituel et se serait permis de consommer de l’alcool, ce que son médicament ne lui permet pas s’il le prend.

 

Il précisa également lors du procès vivre une période difficile depuis un moment, ce qu’il l’avait contraint, de sa propre initiative, de donner sa démission à Michèle Picard, la maire de Vénissieux, en mars dernier. Décision qu’a premièrement refusé la première magistrate communiste, lui proposant d’en rediscuter en septembre prochain.

 

Après une plaidoirie de son avocat qui a mis en avant le fait qu’être élu “n’empêche pas d’être infaillible” et que son client a juste eu “un moment d’égarement”, c’est à la barre que Thierry Vignaud réitèra ses excuses parlant de “honte” et de “remords”.

 

L’adjoint au maire a été finalement condamné à 6 mois d’emprisonnement avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans, avec obligation d’indemniser des victimes et de suivre des soins.

Le parquet avait requis 8 mois avec sursis. Et avait demandé également 800 euros d’amendes pour violences. Thierry Vignaud devra indemniser à hauteur de 1000 euros la serveuse agressée et 700 euros son collègue. Quant aux deux fonctionnaires de police, l’élu devra leur verser 250 euros.

Le tribunal n’a enfin pas requis d’interdiction d’occuper ses fonctions d’élu à la mairie de Vénissieux.

LyonMag