Leukodécadence: Maia Mazaurette compare les “performances” sexuelles

Du point de vue du désir, de l’orgasme, des fantasmes, est-il plus avantageux d’être un homme ou une femme, interroge la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette, pour mieux déconstruire cette question d’un prétendu fossé entre les deux sexes.

Les femmes seraient sexuellement toutes-puissantes, elles trouveraient à réaliser leurs fantasmes en claquant des doigts, chacune aurait sa chance avec les hommes les plus beaux – et ce serait vraiment, vraiment trop injuste.

Cette présumée supériorité féminine remonte au moins au mythe de Tirésias : ayant passé sept années dans le corps d’une femme, ce dernier est sommé par Junon de trancher le débat de « qui a la plus grosse » (jouissance). Réponse du prophète : les femmes auraient des orgasmes sept fois plus puissants que ceux des hommes. Pour avoir raconté une bêtise pareille, il perdra la vue et se verra offrir un bâton. (Je vous laisse juges du caractère approprié du lot de consolation).

Quid de la réalité des faits ? Le triomphe des femmes est-il un fantasme, une intuition paranoïaque (les moutons broutent mieux dans le champ de la voisine), un sentiment inconscient d’infériorité (les hommes ne produisent pas de bébés) ? Une simple manière de se faire plaindre ?

Le « marché » de la séduction n’est pas dérégulé

Commençons par les opportunités sexuelles. Théoriquement, la demande masculine est tellement supérieure à l’offre féminine que les femmes dictent leurs conditions (et couchent avec Brad Pitt). Seulement, le « marché » de la séduction n’est pas dérégulé… et les hommes rapportent plus de partenaires que les femmes ! Entre le recours à la prostitution et les aventures homosexuelles, le déséquilibre est compensé.